L’anneau de Gygès : la société inhibe-t-elle notre vraie valeur morale ?

La société est le reflet de l’homme. Le reflet n’a pas la même vision des choses que l’homme véritable.

L’anneau de Gygès est une histoire fictive antique écrite par Platon, mais provenant en réalité de Glaucon (qui en est le vrai conteur historique), qui l’invente afin de soutenir l’idée que commettre l’injustice est profitable. Bien qu’elle fut mise sur papier par Platon, ce dernier n’est pas en accord avec la morale qu’elle présente. En résumé, cette fable relate l’histoire de Gygès, un homme moralement bon par rapport aux moeurs de son époque. Par hasard, il met la main sur un anneau et se rend vite compte que ce dernier, tourné vers l’intérieur de la main, confère l’invisibilité à son porteur. Ce pouvoir corrompt Gygès, qui séduit la reine et assassine le roi afin de prendre sa place.

Cette histoire nous pousse à nous interroger sur la différence entre notre manière de nous comporter sous couvert de l’anonymat et en société. Autrement dit,comporterions nous de manière identique et ferions nous les mêmes décisions sans le regard d’autrui ? Suite à cette histoire, nous pouvons également débattre sur ce sujet. La moralité résulte t­ elle seulement d’une convention sociale et arbitraire, ou bien au contraire d’une pure idée morale personnelle ? Autrement dit est­-ce qu’être un homme moral ce n’est pas en réalité être assez naïf pour agir comme tout le monde afin d’entrer dans les normes même si on est pas réellement en accord avec celles-ci ? Ce débat est plutôt personnel et permet de s’interroger soi­-même sur la vérité de cette question en la testant sur nous même (se demander si nos propres agissements et prises de position seraient les mêmes avec ou sans la société). Ce débat est en quelque ­sorte une remise en question de nos principes moraux et permet de chercher si il n’y aurait pas une certaine hypocrisie en nous.

Une facon de voir la société qu’adoptait Aristote est en contraste direct avec la vision de la société de Glaucon. Selon Aristote, la société est la « finalité naturelle de l’homme  » et elle permet à un homme d’accomplir sa vocation morale. Ce passage propose une manière de voir la société qui s’oppose à la thèse soulevée par l’anneau de Gygès. Les personnes qui soutiennent la thèse d’Aristote pensent que la société permet à un homme d’accomplir sa vocation morale alors que dans l’anneau de Gygès c’est totalement l’inverse ; Glaucon pense que la société agit comme un voile et cache la vraie morale personelle, qui peut être retrouvée quand un homme est sous couvert de l’anonymat.

Image : pixabay.com

No votes yet.
Please wait...

Poster un Commentaire

2 Commentaires sur "L’anneau de Gygès : la société inhibe-t-elle notre vraie valeur morale ?"

Notify of
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
La Salière
Invité

Affirmez-vous donc que la nature de l’homme est fondamentalement mauvaise ? Vous déclarez que la véritable face de l’individu est dissimulée sous le voile qu’est la société: clamez-vous donc que la société contrôle tous ses individus, et restreint et modifie complètement leur comportement? Autrement dit, pensez-vous que la société enrichit et moralise le comportement humain, ou, au contraire, l’individu se comporterait-il plus moralement sans la société pour le restreindre et le contraindre à se comporter d’une certaine manière estimée « juste » (réellement injuste) par la société ?

wpDiscuz

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer