Entre sentiments et justice

Lors de mon cours de classical studies, mon professeur nous a parlé de la légende d’Agamemnon, un roi puissant qui combattait durant la guerre de Troie. Cette légende raconte qu’Agamemnon voulait partir en bateau combattre à la guerre de Troie, mais les vents ne lui étaient pas favorables. Il pensa que la solution était de sacrifier sa propre fille, Iphigénie, afin que les dieux soient contents. Clytemnestre, la mère d’Iphigénie jura de venger sa fille. Durant l’absence de son mari (qui était à Troie), Clytemnestre noua une liaison adultère avec Egisthe. Apres dix années de combat, Agamemnon revint. Clytemnestre et Egisthe organisèrent un complot et l’assassinèrent. Plus tard, Orestre, fille d’Agamemnon et de Clytemnestre tuera sa mère en guise de punition pour avoir tué son père.

Les émotions l’emportent-elles sur la justice ?

Cette histoire m’a rappelé la notion de justice que nous avons vue en classe. Dans cette légende les crimes ne sont pas jugés par l’ensemble des règles établies. Ces personnes ont-elles raison de tuer par vengeance ou de sacrifier par besoin ? Qui a raison de tuer qui ? Clytemnestre a-t-elle raison de tuer son mari pour venger le sacrifice de sa fille, ou Orestre a-t-elle le droit de tuer sa mère pour avoir tué son père ?

Chacun est puni de son crime par la mort, sauf Orestre qui s’enfuit après l’assassinat de sa mère. On retrouve une justice par sentiment, et non une justice basée sur les lois. Autrement dit, le fait qu’ils s’entre-tuent est un « droit naturel » pour eux, et les sentiments sont plus forts que la justice. La loi du Talion : Œil pour œil, dent pour dent. Cette citation nous renvoie à la philosophie d’Hegel qui dit :

« La vengeance se distingue de la punition en ce que l’une est une réparation obtenue par un acte de la partie lésée, tandis que l’autre est l’oeuvre d’un juge. Il faut donc que la réparation soit effectuée à titre de punition, car, dans la vengeance, la passion joue son rôle, et le droit se trouve troublé. De plus, la vengeance n’a pas la forme du droit, mais celle de l’arbitraire, car la partie lésée agit toujours par sentiment ou selon un mobile subjectif. Aussi bien, quand le droit se présente sous la forme de la vengeance, il constitue à son tour une nouvelle offense, n’est senti que comme conduite individuelle, et provoque inexpiablement, à l’infini, de nouvelles vengeances. »
Hegel, Propédeutique Philosophique.

Donc comme le dit Hegel la vengeance est passionnelle contrairement à la punition qui est judiciaire. Autrement dit, ces personnes qui se tuent auraient dû passer par la justice pour punir et non venger.

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1 Commentaire sur "Entre sentiments et justice"

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PROF
Admin

Vous faites assimilez la vengeance à la loi du talion :

La loi du Talion : Œil pour œil, dent pour dent.

Mais ne pensez-vous pas que cette loi constitue déjà un frein à la démesure passionnelle de la vengeance ? En effet, cette loi place des bornes à ce que la vengeance peut faire (vous ne pouvez pas, par exemple, tuer celui a vous crevé un œil…).

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