L’euthanasie active, acte criminel ou respect d’autrui ?

Qu’est-ce-que l’euthanasie 

Euthanasie vient du Grec euthanasia : mort douce. L’euthanasie est un acte réalisé par un médecin, provoquant la mort d’une personne souffrant d’une maladie incurable, ayant pour but d’abréger ses souffrances.  Il existe deux types d’euthanasie :

  • L’euthanasie passive : arrêter les traitements à la demande du patient.
  • L’euthanasie active : provoquer la mort du patient en lui administrant une injection létale.

Différents points de vue 

Si l’euthanasie passive ne pose pas de problèmes dans bon nombre de pays, l’euthanasie active, elle, est tolérée dans très peu de pays (seulement aux Pays Bas et en Belgique). Nous allons nous intéresser à l’euthanasie active, qui suscite tant de désaccords. L’acharnement thérapeutique (le fait de continuer à vouloir réaliser des opérations…qui n’aident en rien la personne malade)  est désapprouvé de manière générale, il n’est donc pas un sujet polémique.

Remise en question 

L’euthanasie active est accessible à des personnes malades souffrant atrocement. Les questions qui se posent sont les suivantes : A quel point est-on maître de sa propre mort, dans quelles mesures ? De quel droit certains pays vont-ils à l’encontre de la volonté du malade ? Plus généralement pourquoi l’interdire, l’autoriser ?

Du côté des religions chrétiennes et musulmanes, l’euthanasie est complètement rejetée car c’est à Dieu de nous rappeler au ciel et une mort provoquée est donc impensable, l’acharnement thérapeutique est refusé.

Les arguments pour/contre  

Ceux qui prônent l’euthanasie active parlent de fin des souffrances, dignité du malade, ainsi que de ses droit sur son corps. Légaliser l’euthanasie active empêcherait une pratique illégale. D’un autre côté, l’euthanasie active pourrait être source de pression financière, de pression des proches et serait non respectueuse envers la religion.

Le mot du philosophe   

    Sénèque disait

“Méditer la mort, c’est méditer la liberté ; celui qui sait mourir, ne sait plus être esclave”.

Certes, cette pensée reflète une époque ou le suicide était un acte valorisé, nous pouvons tout de même l’associer à la situation de personnes demandant l’euthanasie ; ces personnes en sont à un stade où elles sont esclaves de la maladie. Souvent, la personne qui fait recours à l’euthanasie active est épuisée et est soulagée de pouvoir lâcher les armes, enfin se reposer. Si nous réfléchissons à cette citation de Sénèque, la mort serait la liberté, dans ce cas ci, quoi de plus normal que de libérer des personnes innocentes ?

Sources :

 

Image : credit: alberto.biscalchin via Visual hunt / CC BY-SA

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21 Commentaires sur "L’euthanasie active, acte criminel ou respect d’autrui ?"

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Paradis_T
Membre

Bonjour Louise, suite à la lecture de ton article, quelques questions me sont venues quant à la position de ton point de vue par rapport à la légalisation de l’euthanasie active. Je suis d’accord, les malades qui sont à un point où la mort est presque une délivrance de la souffrance devraient pouvoir choisir leur sort. Cependant, selon-toi comment pourrait-on gérer le niveau de maladie, à quel point la maladie doit-elle être grave pour pouvoir avoir accès à l’euthanasie active ?
Par contre, la légalisation, comme tu le dis dans ton article, permettrait d’éviter les pratiques illégales. C’est un sujet qui soulèvent beaucoup de questions et de dilemmes. Au plaisir, Théa.

St-Hilaire_L
Membre

Bonjour Louise,
Dans ton article, suite à l’extrait de Sénèque que tu introduis, tu mentionnes le fait qu’il fut un temps où le suicide était une décision personnelle que la société valorisait. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Le suicide est un «tabou»… Difficile d’aborder le sujet quand il est vu de façon aussi négative. Avec l’influence des religions, des normes et standards actuels, le suicide est très souvent incompréhensible pour plusieurs. Par contre, dans un cas de maladie grave et incurable, il est possible de comprendre cette volonté de mourir. Je crois qu’il suffit d’avoir les outils nécessaires pour faire cette réflexion. Dans ce cas, il serait intéressant de pouvoir concevoir encore mieux pourquoi le suicide a autrefois été à ce point valorisé… Peut-être qu’en approfondissant des traditions comme celle du hara-kiri japonais, par exemple, il serait possible de mieux discerner les points positifs de l’euthanasie active !
Qu’en penses-tu ? Connais-tu d’autres traditions semblables? Pourquoi étaient-elles pratiquées? Existe-t-il encore de telles pratiques aujourd’hui ? Quels sont les bénéfices ?
Au plaisir de discuter avec toi! Léa-Pascale

PROF
Admin

Bonjour Léa-Pascale,

Désolé que personne ne t’ait encore répondu… Tu poses de grandes questions sur le suicide et son statut contemporain.
Je me demande cependant si l’on peut vraiment dire que le suicide est un « tabou ». Certes, ce n’est pas un sujet facile. Le suicide reste évidemment un drame, notamment lorsqu’il touche si violemment les jeunes gens. Les chiffrent restent élévés :

http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/02/09/six-chiffres-cles-pour-comprendre-le-suicide-en-france_4861662_4355770.html

Six chiffres-clés pour comprendre le suicide en France via kwout

Il faut reconnaître que le suicide n’est pas aujourd’hui condamné avec la même force qu’il le fût au temps où le catholicisme dominait la vie sociale. Mais tu a bien raison, je trouve, de te demander pourquoi il y a eu une telle variation historique dans la perception du suicide : alors que le catholicisme le condamne, par exemple, le stoïcisme antique le valorise, et dans d’autres culture aussi, comme avec le Hara Kiri japonais.

Mais concernant le Hara Kiri, nous somme strès loin d’un suicie « euthanisie », puisqu’il n’est pas commis pour échapper à une maladie. Il est plutôt pratique par revendication d’une certaine noblesse, d’un code de l’honneur. On retrouve cela aussi, dans une certaine mesure, dans notre Antiquité avec le stoïcisme.

St-Hilaire_L
Membre
Ce n’est pas grave, c’est vrai que je posais beaucoup de questions à la fois. Mais merci de la réponse! Comme vous le dites, il est vrai qu’une forme de suicide telle que le Hara Kiri ne ressemble pas du tout à celle de l’euthanasie. Par contre, je trouvais intéressant que Louise parle de la vision du suicide autrefois… À mon avis, se donner la mort est un acte précédé d’un certain mal de vivre… Comme dans le cas de l’euthanasie active où une personne demande à être allégée de ses souffrances, par volonté de mourir sans plus de douleurs. C’est du moins comme ca qu’elle est perçue par plusieurs (si l’on oublie ceux qui la perçoivent comme un meurtre). Lorsqu’elle a mentionné que le suicide était mieux accepté auparavant, je me suis justement demandé «pourquoi»! Je cherchais à savoir quelles valeurs de ces sociétés rendaient le suicide positif. Maintenant, je sais que dans le cas du Hara Kiri, l’acte était commis par honneur. C’est intéressant, mais c’est certain que ce n’était alors pas un très bon exemple à donner de ma part pour encourager l’euthanasie, considérant qu’il n’y a pas vraiment de corrélation à y faire avec la noblesse… Read more »
Nicolas
Invité

Bonjour Louise,
Tu dis que l’euthanasie active est une façon de mettre fin à ses souffrances et de laisser reposer en paix des personnes innocentes qui ne méritaient pas de souffrir. J’ai trouvé cela intéressant, puisqu’on a le même point de vue sur l’euthanasie car je me suis toujours dit que chacun peut mettre un terme à sa vie quand il n’a plus de santé pour vivre. Cependant, je ne trouve pas que la religion a rapport avec l’euthanasie en 2017.
Nicolas Gauthier

PROF
Admin

Bonjour Nicolas,

Cependant, je ne trouve pas que la religion a rapport avec l’euthanasie en 2017.

Quel est au juste votre argument ici ? Pourriez-vous l’expliquer ?
Merci.

Nicolas
Invité

Je pense que la religion n’a pas rapport avec les pratiques médicales puisque ce n’est pas la religion qui va sauver une vie et ce n’est pas la religion qui va empêcher une personne de mettre fin à ses souffrances puisque Dieu ne voudrait pas. Alors, pour moi, l’euthanasie est une question médicale pour savoir si on peut le sauver ou si il est assuré d’une mort certaine.
Nicolas

PROF
Admin

Merci pour votre éclaircissement. Certes, l’euthanisie est un acte médical. Cependant, c’est aussi un acte ayant un enjeu moral. De ce fait, on peut comprendre que la religion, en tant qu’elle énonce une morale, puisse intervenir dans ce débat. Disons alors que l’euthanasie est une question médicale et morale (non pas religieuse).

Savard_G
Membre

Bonjour Louise,
Dans ton article tu dis que l’euthanasie est pour les personnes souffrant attrocement, mais à partir de quel point peut-ont accepter l’euthanasie et à quel point peut-ont la refuser ?
C’est intéressant, car la légalisation de l’euthanasie apporte plusieurs points de vue : êtres délivré de ses souffrances comme tu le cites, mais aussi le suicide. Comment pouvons nous savoir si l’on parle de suicide ou de délivrance ? Cepandant, la pratique illégale est un grave probleme et légaliser l’euthanasie active empêcherait cette pratique illégale comme du le dis dans ton article. Bref, l’euthanasie apporte plusieurs questions, mais quels sont les véritable bénéfices de l’euthanasie ?
Gabriel

Noémie Garneau
Invité
Salut Louise 🙂 Premièrement, ton article est très intéressant et développé. Il suscite beaucoup de réflexion, car tes arguments sont bien fondés et méritent qu’on s’interroge pour savoir si oui ou non on est en accord avec l’euthanasie. Tu dis que l’euthanasie passive est plus acceptée moralement que celle que l’on nomme active dans la plupart des pays. Je comprend très bien que l’euthanasie active est considérée comme un meurtre exécuté par le médecin en charge, mais d’un autre côté, je ne comprend pas pourquoi les gens sont en accord avec celle dite passive puisque ce genre de traitement prolonge les souffrances du patient. En mettant fin à la vie de quelqu’un en quelques secondes par un simple geste , cela cause beaucoup moins de peine chez les proches du malade et celui-ci est libéré de ses souffrances en quelques instants. C’est intéressant, car avant la lecture de ton article, je ne savais à peu près pas la différence entre les deux types d’euthanasie. Grâce à ce texte, j’ai pu approfondir mes connaissances et me poser plusieurs questions sur ce sujet qui était à la base tabou dans ma tête et dans celle de plusieurs autres personnes. Cependant, l’officialisation de… Read more »
Charles-Antoine Forest Leblanc
Invité
Charles-Antoine Forest Leblanc

Bonjour Louise, ton article est intéressant. Ta comparaison avec la citation de Sénèque me fait réfléchir d’une façon très agréable, mais quelque chose dans ton texte me chicote. Tu nous expliques l’euthanasie active et passive en nous montrant qu’un seul côté de la médaille. Que faire des personnes qui se font refuser l’euthanasie et qui se suicide douloureusement en s’abstenant de manger jusqu’à leur décès, cela sous supervision car personne ne peut leur en empêcher. Un autre point me viens en tête lorsque tu compares le suicide avec l’euthanasie, tu parles, tout le long de ton article, de l’euthanasie pour des raisons médicales, mais que faire des toxicomanes qui ont pris, par exemple, la drogue du « krokodil » qui n’ont que quelques mois a vivre très douloureusement (désintégration du corps). Les laissons-nous mourir d’une façon misérable.

Au plaisir, Charles-Antoine.

Brad_P
Invité
Bonjour Louise, merci pour ton article. A sa lecture, je me suis posé les questions suivantes et j’aimerais avoir ton avis. Tu distingues l’euthanasie passive de l’euthanasie active. C’est bien. Mais on peut aller un peu plus loin et, concernant l’euthanasie active, distinguer deux cas. Dans le premier cas de figure, le patient est conscient et demande une euthanasie. C’est le droit de disposer de sa vie comme de sa mort. Ce droit peut paraître légitime. Cependant, il arrive que des personnes trés malades ne soient plus conscientes et ne peuvent donc plus prendre une telle décision. L’euthanasie active est possible dans ce dernier cas, mais elle repose sur une décision des proches. Est elle alors aussi acceptable que lorsqu’elle est décidée par le patient ? Il ne s’agit plus d’un droit sur sa mort, mais d’un droit sur la mort d’autrui. Dans le cas de l’euthanasie active décidée par un proche, une justification pourrait être l’amour porté à la personne souffrante. Par empathie, on s’imagine les souffrances encourues et on veut y mettre un terme. On prend une décision que la personne souffrante aurait sûrement prise elle-même. Mais ne prend-on pas cette décision également pour nous protéger, pour mettre… Read more »
Anaïs
Invité
Bonjour Louise,   Premièrement, j’ai trouvé ton article sur l’euthanasie très intéressant. Il m’a permis d’approfondir mes connaissances sur ce sujet. J’ignorais, par exemple, qu’il existait deux types d’euthanasie. Ton article m’a permis de crée mon propre opinion sur celles ci, car tes arguments permettent de s’interroger si oui ou non on est en accord avec ce traitement. Ici tu nous dis que l’euthanasie active est acceptée dans peu de pays et suscite de nombreux désaccords. Et j’accepte le fait que l’euthanasie active peut être considérée comme un meurtre exécuté par le médecin en charge. Je comprends et respecte aussi que certaines religions comme la religion musulmane ou catholique soient contres car « c’est à Dieu de nous rappeler au ciel ». Mais je pense aussi que l’homme étant le seul propriétaire de son corps est le maître de sa vie, c’est à lui de décider s’il souhaite y mettre un terme. Ici le patient est le seul à endurer la souffrance, donc le seul à la comprendre. Lui seul devrait avoir le choix d’y mettre un terme. Nous constatons que l’euthanasie est un acte autant médical que moral. Cependant, je ne comprends pas pourquoi les gens sont en accord avec l’euthanasie passive, qui… Read more »

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